vendredi 27 avril 2018

#90 Un patient mais 3 morts : la boulette de Robert Liston

Aujourd'hui c'est vendredi. Et le vendredi, soit tu franchis la frontière nord-coréenne, soit tu lis "La petite histoire de l'Histoire"

Comme moi je ne comprends rien au coréen, j'ai le plaisir de présenter l'épisode 90, consacré à une histoire qui bien que dramatique est assez drôle.

En effet, je t'invite (gratos) à assister à la seule opération chirurgicale de l'Histoire à avoir eu un taux de mortalité de 300%, c'est à dire 3 fois plus de morts que de patients.

Comment ? Pourquoi ? Où ça ? Allons-y de suite mon chaton, et tu auras toute les réponse.

La machine à remonter le temps à maté toute les saisons de Grey's Anatomy et fait 4 parties de Docteur Maboul pour être au taquet, direction l'année 1842 : Allez, c'est parti !
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Mais qui es-tu Bob ?

Robert voit le jour en 1794 du côté de Londres. Alors bon je m'étale pas trop sur sa life, mais rapidement il devient l'un des médecins les plus réputés. Et pas parce qu'il prend la carte Vitale ou qu'il écrit super bien.

Non, non. Il est surnommé "Le scalpel le plus rapide de l'Ouest" par ses paires. En effet, à une époque où l'anesthésie n'existe pas, mais genre pas du tout du tout, il est capable d'amputer une jambe en 2 minutes 30 !

Dit comme ça, c'est franchement dégueu. Mais crois-moi que si tu étais le mec allongé sur une table et qui voyait venir les gars avec une scie, tu serais vachement content de savoir que ça ne va durer "que" 3 minutes au lieu de 5...

Au delà de limiter le temps de souffrance du patient, la rapidité de Robert lui permet également de juguler au plus vite la perte de sang et donc de sauver plus de vie que les autres médecins. A cette époque, 1 patient sur 4 décède durant une amputation. Robert, il n'en perd qu'1 sur 10.

Alors évidemment, il a du succès, autant auprès des personnes devant subir une amputation que des spectateurs. Car oui, sa prestation est tellement impressionnante que des gens viennent assister à ses opérations, comme on viendrait au théâtre ! Et on l'applaudit à la fin bien entendu.

Robert avait tellement la confiance, qu'il aimait demander aux autres médecins présents "Messieurs, chronométrez moi !"

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On lui fait chimie, iono, NFS :

Pourtant, un jour de 1842, cette rapidité d'exécution légendaire va jouer des tours à notre Robert.

Alors qu'il réalise une amputation comme il en a déjà réaliser des dizaines, et pris dans son élan, il coupe 2 doigts de l'un de ses assistants chargés de maintenir le patient. Et ce n'est pas fini.

Tandis qu'il se retourne pour changer de couteau, il entaille par accident la veste d'un spectateur un peu trop proche de la table d'opération. Le pauvre homme, persuadé qu'il a été mortellement touché fait une crise cardiaque et meurt quelques instant plus tard.

L'assistant amputé accidentellement et le patient opéré, quant à eux, vont mourir quelques jours plus tard des suites de leurs blessures.

Voici notre Robert responsable de la seule opération de l'Histoire à connaître ainsi un taux de mortalité de 300% !

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Et ensuite ?

Parce que comme le disait Kennedy : "Faut pas s'laisse abattre", Robert remonte sur scène et réalisera en 1846 la première amputation sous anesthésie, ayant eu l'idée d'utiliser de l'éther pour endormir son patient.

L'opération ne durera que 25 secondes ! Cette fois, c'est une vraie réussie puisque le patient se réveillera en demandant "Quand l'opération va-t-elle commencer ?"

Robert Liston meurt l'année suivante en 1847.

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Je te donne RDV en mai pour le prochaine épisode. Et j'aurais du lourd, du très très lourd!

samedi 24 mars 2018

#89 Antoine de Tounens : Je voudrais déjà être roi

Aujourd’hui c’est samedi. Et le samedi, soit tu sors de garde à vue, soit tu lis « La petite histoire de l’Histoire ».

Comme moi j’ai renoncé à tout financement libyen (merde ! En fait j’aurais peut-être du dire oui…), j’ai le plaisir de vous présenter l’épisode n° 87 consacré au premier roi de Patagonie qui figure toi était français !

Alors normalement, la Patagonie ça doit t’évoquer au minimum Florent Pagny, voir si tu vas un peu plus loin Pékin Express et Ushuaia. Mais c’est aussi une région magnifique, sauvage et loin… très loin.

Comment un mec né en Dordogne a-t-il pu finir roi là bas ? Eh bien monte dans la machine à remonter le temps et je vais t’expliquer ça trankil à la fraîche.
Mes petits amis du 21e siècle, direction l’année 1878, le 17 septembre pour être précis : Allez, c’est parti !

Orélie-Antoine de Tounens

La fin d’un rêve :

Lorsque nous débarquons dans cette petite boucherie de Tourtoirac en Dordogne, ce n’est pas vraiment la fête. On va dire que l’ambiance se situe juste entre celle d’un meeting de François Fillon et celle d’un goûter d’anniversaire avec Christine Angot comme animatrice. Ca te situe le niveau.

Et c’est normal, car l’homme que nous sommes venus voir, Antoine de Tounens, est en train de mourir dans un lit modeste, loin des richesses et de la gloire dont il avait rêvé pour son royaume. Celui que l’on appelle Orelie-Antoine 1er nous demande d’une voix faible de nous approcher. Son oncle qui l’héberge depuis deux ans nous fait un signe de la tête, nous signifiant que nous pouvons accéder à la demande du mourant. Ce dernier s’adresse à nous dans un patois périgourdin oublié depuis longtemps :

« Wesh comment j’chuis vénère de finir comme ça. L’archeum sur moi frère, je devrais être posey, à la bien, à chiller entre deux zouzes bien fraîches, le uc sur mon trône, et j’chuis là à crever dans une boucherie, j’ai le sheitan sérieux »

Son oncle se penche vers nous pour traduire :
« Antoine dit qu’en tant que roi légitime d’Araucanie-Patagonie, il regrette de ne pas rendre son dernier souffle sur ses terres, accompagné des gens qui l’aime. »
Ah ok.

Mais alors, pourquoi Antoine n’est plus le boss en son royaume ? Et d’où tu sors mec ?

C’est vrai ça, qui es-tu Antoine ?

Le petit Antoine Toulens voit le jour le 12 mai 1825 à Chourgnac en Dordogne, tout près d’Excideuil, mon village « natal » ! Il est issu d’une famille nombreuse (il est le 9e enfant) qui travaille la terre et qui a un peu d’argent de côté. Tout petit, il est bercé par la légende familiale qui veut que le papa descende d’une lignée royale par un ancêtre questeur romain. Et ça, ça lui tourne la tête à Antoine.
Plutôt intelligent, et grâce au pécule parental, il peut faire des études, allant même jusqu’à décrocher son bac. Après ça, il s’installe à Périgueux, où il achète une charge d’avoué (juriste).

Entre temps, le père d’Antoine a obtenu de la justice le droit d’ajouter une particule à son nom de famille, grâce à des actes civils du 18e siècle où elle apparaissait bien. Voilà donc notre Antoine « anobli » d’un seul coup et qui peut se faire désormais appeler « De Toulens »

En 1857, Antoine, qui a le projet de créer un royaume de « Nouvelle-France », vend sa charge d’avoué et contracte un prêt à la banque. Grâce à cette somme, il peut monter son expédition et s’embarque pour le Chili où il arrive en 1858, avec dans ses valises, un sceau officiel, un drapeau bleu-blanc-vert, une constitution en 70 articles et des pesos frappés à son effigie !

Rapidement, il rencontre le chef des Indiens Mapuches, alors en guerre contre le Chili. Coup de bol du destin, une vieille prophétie mapuche indiquait qu’un homme blanc viendrait sauver les Indiens. Ceux-ci accordent donc à Antoine un droit de passage sur leurs terres et apportent leur soutient à cet étranger venu fonder un royaume salvateur face à l’oppresseur chilien.

Et ainsi, avec l’aide des tribus Mapuches, Antoine de Tounens parvient à réaliser son rêve : il proclame le Royaume d’Araucanie le 17 novembre 1860 ! Elu roi par les chefs mapuches sous le nom d’Orélie-antoine 1er, il est au paroxysme de sa gloire… mais il ne le sait pas encore !
Trois jours plus tard, il décide d’annexer à ses terres la vaste Patagonie.


Antoine applique sa constitution, nomme un gouvernement et agit comme un souverain. Il rêve même de mettre sur pied une liaison maritime entre son royaume et Bordeaux afin d’exploiter les ressources locales, riches en étain et en argent. Seulement, tu t’en doutes, ça ne plait pas des masses à l’Argentine et au Chili qui ont officiellement autorité sur ces terres.

Et là, retour à la réalité pour Antoine de Tounens ! Il demande tout d’abord de l’aide à ses voisins, l’Empire du Brésil et à au Paraguay, mais ces deux états refusent poliment. Il essaie alors du côté de la mère patrie, la France… Mais sans succès également ! Napoléon III, au pouvoir, ne veut surtout pas se mêler de la politique sud-américaine.

Les troupes armées chiliennes et argentines marchent sur l’Araucanie en novembre 1861 et foutent une grosse branlée à Antoine de Toulens. En décembre de la même année, c’est la débandade totale, le royaume est conquis dans sa quasi-totalité. Le 5 janvier 1862, Antoine est fait prisonnier au Chili, puis interné en asile. C’est la fin du royaume d’Araucanie-Patagonie après seulement 1 an, 1 mois et 19 jours d’existence. Les pauvres Indiens Mapuche, vont subir de plein fouet la répression pour avoir soutenu ce projet complètement fou.

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Antoine au milieu de ses troupes


Le gouvernement français intervient par l’intermédiaire du consul local, et Antoine de Toulens est libéré. Il revient sur le territoire national en 1862, où il s’installe à Paris. Sauf qu’il n’a pas trop compris ce qu’il s’était passé… Il constitue une nouvelle cour, et attribue à tour de bras des titres de noblesse que personne ne reconnaît juridiquement !

Un poil têtu, Antoine tente par trois fois de retourner dans son royaume pour reconquérir le pouvoir, en 1869, 1874 et 1876… et connaît trois échecs cuisants.
Après sa dernière déconvenue, il tombe gravement malade, et ruiné, il est hébergé chez son oncle à Tourtoirac où il mourra le 19 septembre 1878 à 53 ans.

L’histoire ne s’arrête pas là cependant, puisque le titre de roi d’Araucanie-Patagonie est transmis tout d’abord au neveu d’Antoine, mais celui-ci refuse la charge et désigne à son tour un autre aventurier qui a bien connu Antoine : Achille Laviarde, qui devient roi sous le nom d’Achille 1er. Bien entendu, il n’est roi de rien du tout puisque le royaume n’existe plus et que personne ne reconnaît juridiquement cette maison royale issue des rêves de gloire d’un jeune homme ambitieux !

Antoine IV, dernier roi en date d’Araucanie-Patagonie étant décédé en décembre dernier, le conseil de régence avait ouvert les candidatures à la succession. Si tu avais toujours rêvé d’être roi, c’était le moment ! Mais la date limite de dépôt des candidatures était fixée au 24 janvier dernier. Fin du suspens ce jour, puisque le nouveau roi être désigné aujourd’hui 24 mars !

Au-delà de l’aspect romanesque de cette histoire, sache qu’aujourd’hui, le Royaume d’Araucanie-Patagonie est reconnu comme une ONG par l’ONU et ses membres tiennent régulièrement tribune à Genève pour défendre les droits des Indiens Mapuches, les soutenant également financièrement.

Si tu as apprécié ce voyage à la rencontre d’un homme qui rêva d’être roi : aime, commente, partage ! Et rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle chronique. Et j’aurais du lourd. Du très très lourd !

dimanche 4 février 2018

#88 Ching Shih : Qui nem me suive

Aujourd'hui c'est dimanche. Et le dimanche, soit on réalise qu'on est déjà en février et qu'on a raté 1/12e de 2018 à cause de cette pu#%* de grippe, soit on lit "La petite histoire de l'Histoire"

Comme moi j'ai un système immunitaire en béton, j'ai le plaisir de vous présenter l'épisode n°86 consacré au plus grand pirate de tout les temps. Il n'est pas barbu, il n'a pas de jambe de bois, il n'a pas de perroquet sur l'épaule, et c'est même pas un homme!

En effet, nous allons voyager bien loin vers la mer de Chine pour découvrir la vie de celle qui dirigea un véritable empire maritime et fit régner la terreur sur la mer : Ching Shih!

La machine à remonter le temps a été briquée de fond en comble! Souquez ferme mes petits amis du 21e siècle, direction l'année 1775 : Aller, c'est parti!

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La suite dans "La petite histoire de l'Histoire" tome 2, à paraître prochainement!





samedi 16 décembre 2017

#87 Des morts stupides : "Y'a rien de plus dangereux que de se faire tuer"

Aujourd'hui c'est vendredi. Et le vendredi, soit tu te dis que noir c'est noir et qu'il n'y a vraiment plus d'espoir, soit tu lis "La petite histoire de l'Histoire".

Comme moi j'ai oublié de vivre, j'ai le plaisir de vous présenter l'épisode n°87 dédié à un sujet que beaucoup d'entre vous me réclame souvent mais qui n'est pas très esprit de Noel: les morts stupides à travers l'Histoire! Parce que oui, je sais que ça vous fait bien marrer ça! De plus, avec les longs repas qui s'annoncent dans les jours à venir, ça vous fera de chouettes anecdotes à raconter pour impressionner votre belle famille ou craner devant Tonton Michel.

Alors mes petits amis du 21e siècle, nous allons voyager à travers les époques et les continents pour rire des morts idiotes qui ont parsemé l'Histoire. Et l'être humain étant ce qu'il est, il y a un paquet de personnes à aller voir!

La machine à voyager dans le temps a mis de jolies guirlande qui clignotent et de jolies boules : aller, c'est parti!

La suite dans "La petite histoire de l'Histoire" tome 2, à paraître prochainement!

samedi 25 novembre 2017

#86 Marie Marvingt : "Barbie cycliste, aviatrice, alpiniste..."






Aujourd'hui c'est vendredi...ou samedi...je sais pas trop en fait parce que là précisément il est minuit. Mais bref, ce jour là, soit on dépense toute la thune qu'on a pas pour le Black Friday, soit on lit "La petite histoire de l'Histoire"

Comme moi je vis d'amour et d'eau fraîche, j'ai le plaisir de vous présenter l'épisode n°86 consacré à une femme exceptionnelle. Aujourd'hui, un épisode sans beaucoup de lol mais avec un max de Wahou!

En effet, nous partirons à la découverte de la vie trop méconnue Marie Marvingt (si tu es du Nord, j'imagine que tu as prononcé "marie marvingte") qui a eu environ 460 vies.

Si tu es une femme et que tu crois être hyper sportive parce que tu fais de la zumba 2 fois par semaine avec Monique ou que tu crois être courageuse parce que tu as déjà écouté un album de M. Pokora en entier, attend de lire ce qui va suivre!

Mes petits amis du 21e siècle, la machine à remonter le temps a terminé sa préparation physique, direction le Cantal et l'année 1875 : aller, c'est parti!

La suite dans "La petite histoire de l'Histoire" tome 2, à paraître prochainement!

jeudi 26 octobre 2017

#85 Antoine Crozat : "Au summum on prend des risques on s'fout des lois on mise tout"

Aujourd'hui c'est jeudi. Et le jeudi, soit on proclame son indépendance, soit on lit "La petite histoire de l'Histoire".

Comme de mon côté je suis indépendant depuis bien longtemps, j'ai le plaisir de vous présenter l'épisode n°85 consacré à Antoine Crozat. Tu connais pas? Normal mec, le gars n'a laissé aucune trace ou presque dans les livres d'Histoire. Et pourtant, il a tout fait pour inscrire son blaze dans le marbre...avant de se faire sévèrement bifler par le destin.

Comme Lorie, les Poetic Lovers ou Larusso, il est monté au sommet avant de disparaître dans le néant intersidéral, prenant une sacré fatality en mode sans échec.

Mes petits amis du 21e siècle, vous connaissez mon amour pour ces pathétiques loosers, ces oubliés de l'Histoire. Alors, je vous emmène en 1655 découvrir la vie de ce Tony Montana de Toulouse.
La machine à remonter le temps a révisé les règles fiscales internationales et pris des conseils auprès des Balkany : aller c'est parti!

La suite dans "La petite histoire de l'Histoire" tome 2, à paraître prochainement!

dimanche 10 septembre 2017

#84 Marguerite Steinheil : Une pompe vraiment funèbre

Aujourd'hui c'est dimanche. Et le dimanche, soit on chante "Comme un ouragan" à St Martin, soit on lit "La petite histoire de l'Histoire"

Comme moi j'ai déjà fait les provisions pour tenir 8 mois enfermé dans ma cave, j'ai le plaisir de vous présenter l'épisode n°84 consacré à une femme au destin singulier et qui ne se laissa jamais démonter...quoique...

Mes petits amis du 21e siècle, vous allez découvrir la vie d'une semi mondaine, véritable femme du monde de la Belle Epoque à Paris : Marguerite Steinheil.

La machine a voyager dans le temps a perdu tout son bronzage, mais a la patate pour le lancement de cette nouvelle saison, direction l'année 1909 : aller, c'est parti!

La suite dans "La petite histoire de l'Histoire" tome 2, à paraître prochainement!